Quand commencent à germer dans les esprits les premières idées d’émigration, on ne se doute pas alors que commence un long processus qui va nous mener doucement à voir les choses d’un point de vue totalement différent par rapport a notre environnement, mais aussi à commencer a justifier toutes les choses qui ne tournent pas rond dans notre pays d’origine, et par la même préparer notre conscience à accepter que cela est irrémédiable.
Mais voilà, une fois le projet réalisé, et le pied mis sur cette nouvelle terre, tout est alors si différend par rapport aux aspirations et aux premières euphories ressenties lors de l’accomplissement du projet. Essentiellement pour la raison qu’une fois arrivé, on a tendance et très souvent à oublier tout ce dont pourquoi nous avions choisi de nous expatrier.
Alors, et honnêtement avec soi-même, il est grand temps de se remémorer tous les justificatifs qui avaient faits de nous ce que nous étions devenus.
Une fois arrivés au Québec, dites vous bien que nous avons changé de continent, de terre, de climat, de gastronomie, de musique, de politique, de royaume, de mentalité, je vais être plus clair, de format tout simplement. Oui de format, tout comme la télé Pal ne fonctionne pas en Secam, tout comme les systèmes d’exploitation informatiques, ou les dvd européens, ici on doit se reformater tout simplement.
Qu’est ce qui nous pousse à nous exiler, quels sont les aspects de notre environnements que l’on rejette, et enfin et surtout, quels sont les objectifs ans notre nouvel environnement. Tels sont les questions primordiales à répondre afin de réussir notre projet.
Car il faut être réalistes, objectifs et pragmatiques : nous n’aurons pas les mêmes compétences professionnelles, nous n’aurons pas les mêmes qualifications même si nous les savons supérieures des fois, nous ne pourrons pas vivre notre culture pleinement, et nos enfants ne fonctionneront certainement pas comme nous.
Qu’ en est-il de cette société québécoise qui nous a attirés et que certains immigrants n’arrivent pas encore a cerner mêmes des années plus tard. Ni français réellement, ni anglais au sens so british du terme, ni amérindien tel que l’on conçoit , ni américain au sens bushesque, mais tout simplement québécois au sens québécois de chez Québec. Une société qui s’est forgée au gré de l’histoire, façonnée par les cultures médiévales européennes, et par des successions tragiques d’évènements qui l’ont amené a ne plus être français au sens national, puis a construire sa place face aux anglais qui ne l’entendaient pas de cette oreille. De traditions paysanne fortement catholicisée, ces femmes et ces hommes ont construit ce qui est aujourd’hui considéré comme une des sociétés des plus égalitaires, des plus libérales et surtout des plus ouvertes en matière d’accueil des immigrants.
Oui mais voilà, cette société fonctionne avec ses règles, ses traditions, ses visions et façons de voire les choses pour lesquels nos formats ne sont pas forcément compatibles. Concrètement, parler français ou anglais est primordial sinon on passe a coté de 90% de beaucoup de choses croyez-moi. Ensuite vient forcément l’aspect professionnel, et bien évidemment la pierre angulaire de la réussite de l’immigration. Oui les compétences sont reconnues, oui les qualifications font l’objet d’équivalence, mais que cherche un employeur ? Soyons honnêtes la aussi, il ne cherche que sa réussite via notre réussite, et notre réussite ne peut être réelle que si on maîtrise notre job par notre niveau d’expérience, mais québécoise bien sûr. Posez-vous la question, est ce que dans votre pays d ‘origine, en étant patron de votre affaire, vous recruteriez un nouvel arrivant de Biélorussie pour développer le marché des conserves dans la région centre ? Non bien sûr, alors ? Alors la s’impose une remise en question profonde de soi-même, l’acceptation en est la plus rude épreuve, mais elle n’en sera que bénéfique car elle fera sortir le meilleur de vous-même.
Culturellement parlant, la aussi il est évident que ce n’est point aux québécois de nous comprendre mais bien le contraire. Nos cultures et religions sont une énigme pour notre société d’accueil, puis médiatiquement et plutôt négativement informée selon la rhétorique du nouvel ordre mondial. Mais la n’est pas le plus important dans l’analyse. Et la il faut bien comprendre le fond de l’attitude de nos accueillants. La société québécoise vient de sortir de cinq siècles de domination exclusive de l’église catholique, et la société s’est complètement transformée avec toutes les conséquences sur les libertés des citoyens, la construction familiale et l’évolution des mœurs et modes de vie, occidentaux bien évidemment.
Alors, face à ces évidences bien plus profondes que l’on imaginait, se trame peu à peu l’annonce de l’échec tant redouté au préalable, et qui peut se traduire par des drames conjugaux et familiaux auxquels on n’aurait jamais soupçonnés. Mais alors. Que faut-il faire face à ces situations.
Sans parler de panacée ou de recette miracle, je dirai simplement comme au tout début de cet article, c’est de se rappeler pourquoi nous avions choisi non pas le Québec spécifiquement, mais l’exil, la fuite ou bien le changement. Qui ne se remémore pas un ou plusieurs cas de corruption ou de dénégation de ses droits essentiels, qui ne se souvient pas des difficultés a s’approvisionner correctement, subvenir aux besoins vitaux de sa famille, trouver ou se loger décemment, pratiquer sa langue et sa culture sans barrières, qui n’a pas eu un jour le sentiment d’être étranger dans son propre pays, et j’en passe et j’en passe. Alors, si on se rappelle tout cela, la deuxième étape consiste à se fixer des objectifs, réalistes et réalisables, et alors l’acceptation de tout cela aidera fortement à éviter les écueils de la nouvelle vie.
Bien évidemment tout le monde n’a pas connu les mêmes difficultés, il y en a qui ont su prendre le train en marche, et d’autres qui ont su profiter de leurs avantages, alors je dis seulement a tous les immigrants, faites nous partager vos expériences, parler de tout ce qui vous tient à cœur, car vous en avez la possibilité et l’opportunité ici.